Fabrizio Nonis

Désormais, sa célébrité le précède et lui ouvre les portes de la jet set aussi bien artistique que gastronomique!


De simple boucher de village, Fabrizio Nonis est entré de droit dans le gotha du journalisme œnogastronomique, grâce à son charisme et à sa grande passion pour la viande. Il a tellement perfectionné son art dans le choix et la coupe des meilleurs bouts, qu'il a conquis d'abord l'appellation de « sabreur » pour ensuite s'affiner au fil du temps et devenir « fleurettiste ». Et pourtant, malgré le succès et les nombreuses reconnaissances reçues aussi bien en Italie qu'à l'étranger pour avoir revalorisé le métier de boucher, Fabrizio continue à se considérer comme étant un humble fils de sa campagne, un homme du territoire fortement lié à la tradition et aux valeurs de la Vénétie Orientale et du Frioul-Vénétie Julienne, qui ne cache toutefois pas un grand esprit cosmopolite et une force communicative.


Ces deux âmes, celle de la tradition et celle de l'innovation, cohabitent parfaitement et elles ont été le véritable secret de son succès : « J'ai vécu ma jeunesse entre le Canada et Cinto Caomaggiore » raconte Fabrizio. « J'ai énormément appris sur ce métier incroyable en aidant mon père l'été, lequel a fait fortune surtout grâce à son expérience professionnelle en tant qu'émigrant au Canada. Mais mon Papa Celso voulait que j'étudie et c'est pourquoi, après le lycée, il m'a envoyé de nouveau à Toronto, où j'ai obtenu un master en relations publiques d'entreprise. Une fois rentré en Italie, j'ai été manager pour une grande entreprise internationale puis, lorsque la nécessité de racheter l'entreprise de mon père s'est présentée, j'ai choisi de me consacrer corps et âme pour sauver le destin de cette boucherie historique ». Dès le départ, Fabrizio s'investit sérieusement et, avec peu de moyens et une bonne politique marketing, il rénove l'image de la boutique de village en en faisant une boutique de la viande. Il ne s'est pas uniquement agi d'un relooking, mais d'une évolution dans la culture du « manger bien ». « J'ai continué à étudier tout ce qu'il était nécessaire de savoir concernant le secteur de la viande puis j'ai essayé de proposer des produits de qualité supérieure, tout en maintenant des prix pas trop élevés afin de ne pas mécontenter la clientèle habituelle.


Outre la vente de viande, je me suis cimenté très vite également dans le monde de la gastronomie, évolution qui m'a permis de développer toute ma créativité sans toutefois oublier d'utiliser des produits de premier choix. C'est justement pour mon attitude de recherche constante de l'excellence dans les produits et de créativité en les proposant, que l'on m'a sollicité en 2001 pour faire partie du corps des professeurs de l'Université des Saveurs de Pérouse ». A partir de ce moment-là, il s'est vu offrir un nombre toujours plus important d'occasions qui l'ont amené à devenir journaliste sans toutefois jamais perdre de vue son objectif qui était de faire connaître l'art de bien manger et de bien boire. Voilà qu'arrivent également les collaborations et les services pour les revues œnogastronomiques les plus prestigieuses ainsi que pour les programmes de télévision sur les chaînes nationales comme TG5-GUSTO (TG5-GOUT) sur Canale 5 ; Alice, Marco Polo, Gambero Rosso, sur le portail satellitaire de SKY, avec Italia 7 Gold et enfin avec Rai Uno Mattina.


Il tient à souligner que sa véritable « perle » est le programme télévisé « Sconfinando », dans lequel il s'occupe aussi de tourisme et qui le voit souvent engagé à promouvoir d'une part les goûts exquis et, d'autre part, les beautés nationales et internationales. « J'aimerais réussir à transmettre mon amour pour ma terre, pour ses produits typiques : pour cela, il est nécessaire de savoir utiliser les canaux de communication. J'ai investi beaucoup de temps, d'effort, de sacrifice et d'argent avant de pouvoir arriver où j'en suis, chose que beaucoup de jeunes ne sont plus disposés à faire. Le conseil que je leur donne est celui de ne pas penser uniquement au profit mais de croire avec passion en leur propre travail. En ce qui me concerne, je ne fais pas le boucher/gastronome, je « suis » boucher/gastronome, un artisan qui n'a pas peur de risquer, d'aller aussi à contre-courant par rapport aux logiques de marché propres à la grande distribution. Il faut récupérer le contact naturel avec le client, le conseiller avec compétence et gentillesse de sorte à le fidéliser. C'est la raison pour laquelle une certaine empathie et une formation continue sont indispensables, en plus de la passion pour son métier ».

de Michela Bozzato




Fabrizio Nonis est né à Toronto le 9 mai 1963, sous le signe du taureau (aurait-il pu s'agir d'un autre animal ?).


Fils d'art - père boucher, grand-père casolin (charcutier) - Fabrizio, après ses études supérieures en Italie, retourne au Canada pour un master en relations publiques d'entreprise. Après quelques années d'expérience en tant que manager dans différentes entreprises, Fabrizio, à la fin des années 1980, retourne à sa grande passion qui, depuis son plus jeune âge, l'a toujours accompagnée : travailler dans une boucherie.


La recherche pour la qualité, la créativité et le rapport avec le client ont toujours été les aspects du métier qui l'ont passionné et qui l'ont amené par la suite à devenir professeur auprès de l'Université des Saveurs de Pérouse.


Depuis 2001, en plus de son travail dans sa boucherie à Cinto Caomaggiore (Ve), il exerce également l'activité de journaliste auprès des émetteurs locaux. Actuellement, il collabore avec TG5 Gusto, Sky, Alice, Gambero Rosso et Italia 7. Enfin, il est présentateur du programme télévisé « Sconfinando », dans lequel il s'occupe de tourisme œnogastronomique.


Le journaliste Paolo Marchi écrit :

Fabrizio Nonis, boucher et journaliste, rentre dans la catégorie de personnes que l'on peut classifier de « forces de la nature », ces personnages qui ne s'arrêtent jamais, qui pensent et agissent même en dormant (dorment-ils ?), qui semblent ne jamais se déconnecter parce que c'est de leur travail et de leur investissement qu'ils tirent leur vraie raison d'être et de se réaliser. Vous voyez un rocher dans le désert ? Et bien, Fabrizio est tout le contraire, ambassadeur non pas de lui-même mais de la grande passion de sa vie : la viande.

Ceux qui vivent et travaillent sans éprouver de véritables émotions, qui ne pensent qu'à pointer et gagner leur salaire à la fin du mois, sont des antis Nonis. Fabrizio ne se contente pas. Il a un magasin florissant, qu'est-ce qui le pousse à aller à la télévision ? La notoriété ? Oui, bien entendu. Etre célèbre, être reconnu par le barman et par le marchand de journaux fait plaisir à tout le monde. Mais dans son cas, il y a également une cause à plaider. Celle de la bonne viande.

Fabrizio Nonis s'investit énormément et il a réussi à trouver également le temps pour écrire ce livre parce que l'on ne prend jamais assez le temps de transmettre son savoir, parce que la grande industrie alimentaire s'inquiète de la santé des clients mais ne peut pas soigner les détails et suivre ce qui sur les comptoirs de la maison Nonis est l'invitée fixe : la qualité absolue.

Et puis, il ne suffit plus aujourd'hui de vendre de grands morceaux. Qui est-ce qui les connaît et arrive à les distinguer ? Peu de personnes. Et alors, il faut aller au-delà du bougonnement pour enseigner ce que l'on entend par viandes blanches et par viandes rouges, ce qu'est ce morceau et ce qu'est cet autre, quels principes et quelle bonté sont renfermés dans un morceau de poulpe plutôt que ces abats très laids mais si bons. Et cela, c'est surtout les Nonis qui peuvent l'enseigner parce qu'aux mots qui peuvent être suggérés par n'importe quel petit magicien du marketing, eux savent ajouter l'exemple concret d'une vie composée de filets et de rognons, de rôtis et de côtes, de jambons et de saucissons. La viande est excellente mais, malgré tout, elle est malheureusement trop peu. Toutefois, si beaucoup apprenaient à bien la connaître et à prétendre d'en avoir de la bonne, les grandes enseignes se sentiraient obligées d'élever la qualité de la leur et même si un Fabrizio serait toujours devant eux, il se sentirait un peu moins seul et nous, mordeurs carnivores plus satisfaits, serions dès lors aux prises avec l'embarras de devoir choisir entre cette bonté et cette autre.